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Tag - Paul-Jean Toulet

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24 janvier 2009

La vie et l'oeuvre de Paul-Jean Toulet

France CultureAlain Finkielkraut recevait aujourd’hui, dans son émission Répliques, Renaud Camus et Frédéric Martinez. 48 minutes d’un échange très enrichissant a eu lieu. Pour ceux qui ont raté la diffusion, il est possible de l’écouter encore en suivant ce lien (Real Media player est nécessaire)

19 novembre 2008

Pau fête le livre


J’arrive à Pau le vendredi 21 novembre et, à l’instar de cet aimable moustachu tout droit sorti des années 1900, vous envoie le bonjour. Je me réjouis de retrouver cette belle aquitaine, fière cité gasconne campée au pied des Pyrénées, où déambulèrent jadis Henri IV et Paul-Jean Toulet. Si je ne bois pas tout le vignoble de Jurançon, j’espère rester assez lucide pour signer Prends garde à la douceur des choses. Paul-Jean Toulet, une vie en morceaux à la librairie Tonnet, véritable institution paloise. Si je n’abuse pas non plus de la garbure roborative, je prendrai part également à la Fête du livre.
Pour connaître le programme de la manifestation Pau fête le livre, qui se déroulera les vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23 novembre dans le Hall Béarn du Parc des Expositions de Pau, je vous invite à cliquer ici
J’y serai le samedi 22 novembre à 11h30, dans le cadre du Café littéraire, en compagnie de la lectrice Catherine Favergeat, pour y parler de Paul-Jean Toulet, enfant prodige de la ville, qu’il évoqua si souvent dans ses poèmes et ses proses. Il y fut très heureux et infiniment triste. Il y mena une vie bohème et nonchalante, fréquenta le casino, les cafés, les grands hôtels et les petites femmes. Il y connut aussi une ingénue qui lui inspira ce poème: 

D’une amitié passionnée
Vous me parlez encor,
Azur, aérien décor,
Montagne Pyrénée,

Où me trompa si tendrement
Cette ardente ingénue
Qui mentait, fût-ce toute nue,
Sans rougir seulement.

Au lieu que toi, sublime enceinte, 
Tu es couleur du temps:
Neige en Mars; roses du printemps…
Août, sombre hyacinthe


15 novembre 2008

Lisez Paul-Jean Toulet...et Frédéric Beigbeder

Sur les trottoirs de Paris, les filles ont renoncé à montrer leurs jambes et les calorifères ont mauvaise haleine. C’est l’automne. Si la nuit qui tombe à cinq heures n’y suffisait pas, le jour des morts et celui des poilus sont là pour vous mettre le moral dans les tranchées. Les vacances de la Toussaint sont des Vacances dans le coma. Un chrysanthème à la boutonnière, j’ai déambulé tout la nuit dans les rues en cherchant la plus belle fille du monde. Je suis tombé sur ma concierge et j’ai vomi dans sa loge en rentrant. 
L’amour dure trois ans, la vie pas beaucoup plus. Je ne suis qu’un égoïste romantique et je vais me faire un thé vert à la cerise ( Palais des Thés, 5,50 euros) pour essayer de finir ce billet. Je ferais peut-être mieux d’écrire des Nouvelles sous ecstasy. Mon banquier veut me voir pour me suggérer des placements. Ce sera vite fait. Je ferais mieux d’entreprendre un Dernier inventaire avant liquidation, et d’aller boire ce qui me reste. On dirait bien que je déprime. J’ai besoin d’air frais, d’ouvrir les Windows on the world. Je pourrais acheter un voilier, lire enfin Guerre et Paix, devenir gogo dancer ou décider de croire en Dieu. Pour ne rien arranger, je suis tombé amoureux du nombril de Marie-Laurence et du piercing à l’oreille de ma boulangère. Je viens aussi de demander Bérénice en mariage par texto. C’est la trente-cinquième fois aujourd’hui. Elle n’a pas répondu. Il faut croire que le téléphone ne passe pas dans le seizième arrondissement, ou qu’elle préfère s’occuper de son douzième gamin. Je vais essayer de Rester normal mais ce n’est pas gagné. Ce billet ressemble aux Mémoires d’un jeune homme dérangé. Vous avez tort de croire tout ce que je raconte. En réalité, il ne m’arrive jamais rien. Ma vie n’a pas de sens. J’adorerais mourir au volant d’une voiture rapide, comme James Dean ou Roger Nimier, mais je n’ai pas mon permis. Décidément, je ferais mieux d’aller boire des bières avec Manu et JV, qui vont encore m’attendre toute la soirée en regardant Monster Garage sur le câble. Ou de relire l’article magnifique de Frédéric Beigbeder, dont bien sûr vous avez reconnu tous les titres, dans le Paris Match du jeudi 13 novembre. C’est devenu ma drogue. Si vous voulez savoir pourquoi, et si vous n’avez pas réussi plus haut, vous pouvez vous rattraper en cliquant ici, ou en encore ici, ou bien sur l’image ci-dessus à droite ou encore aller acheter Paris Match qui ne coûte pas 99 francs mais seulement 2,40 euros, et l’ouvrir à la page 30. 

 

9 novembre 2008

Bon appétit!


Entre le jour des morts et celui de l’an, les douceurs de la table permettent de passer novembre et décembre. 
Réjouissons-nous!
Tandis que les arbres égrènent leurs dernières feuilles et que la nuit s’invite à cinq heures, arpentons donc les rues marchandes. 
Elles dispensent un peu de chaleur aux amants des nourritures terrestres. Il est doux de flâner parmi les rôtisseries, de regarder l’étal des charcutiers, où les bocaux de châtaignes voisinent avec les boudins blancs. L’heure est venue des ventres pleins et des poches vides. Les décorations ravissent nos âmes d’enfants. Elles fardent l’angoisse des fins d’automne. Quand souffle le vent d’hiver et qu’on se sent mortels, on s’accroche aux lumières. Celles des sapins, des guirlandes et des vitrines jalonnent le néant de nos villes vouées à la consommation. Les commerçants ont su en tirer parti. Tout nous invite à lâcher du lest. Allégez votre carte bleue et l’Eden est à vous. Vous flotterez en apesanteur dans le septième ciel marchand. Se gaver. Tel est le maître mot.
Pour éviter l’indigestion, il est toujours possible de lire Le Magazine Littéraire du mois de novembre, qui consacre son dossier à Littérature et gastronomie. Manger n’est pas bâfrer, et le goinfre est le contraire d’un gourmet. Il faut l’être, assurément, pour aimer lire les bons auteurs en édition originale. Jean-Baptiste Baronian nous dit tout sur celles des Contrerimes de Paul-Jean Toulet, qu’on ne présente plus aux lecteurs de ce blog, et évoque Prends garde à la douceur des choses. Ci-dessous, voici l’article de Jean-Baptiste Baronian, intitulé “Toulet, contrerimeur”. Pour l’agrandir, il suffit de cliquer dessus. 

Bien qu’il fût un homme maigre, Toulet appréciait la bonne chère et surtout le bon vin. Curnonsky et lui, qui furent colocataires pendant plusieurs années, manquaient du nécessaire mais ne se privaient pas du superflu. Flambeurs effrénés, ils buvaient ce qu’ils ne jouaient pas. Leur cave était célèbre et comptait des merveilles: musigny, volnay, corton, chambertin, château-margaux, sans oublier le Jurançon. Ces étiquettes suffisent à donner le vertige. Les deux compères, organisés bien que bohèmes, avaient toujours cinq bouteilles en réserve, qu’ils renouvelaient au fur et à mesure qu’ils les buvaient. De quoi oublier les déceptions de la vie littéraire. Et l’automne qu’il s’installe. Santé! 

1 novembre 2008

Les chrysanthèmes

Dans une de ses plus belles pages, Paul-Jean Toulet salue la mémoire d’un ami disparu. Joë Guillemin est mort à la Toussaint, en 1903:

Lundi dernier, avant de quitter Pau, je voulus faire à mon pauvre Guillemin une dernière visite. C’était une des dernières journées d’automne qui inquiètent et charment à la fois, qui sont comme la tristesse après l’amour, quand une femme de trente ans vous embrasse avec désespoir, pour retenir plus longtemps ces voluptés qui l’abandonnent. Et l’on eût dit que l’atmosphère en était double et que l’haleine froide de la montagne s’y mariait par zones inégales à la confite tiédeur de l’arrière-saison.

Joe, mon pauvre Joe, nous l’avons parcouru ensemble ce paysage montueux et magnifique ; nous en avons foulé les penchants aux ombres bleues, pleins d’une herbe grasse, ou contemplé de loin, accoudés à ces mêmes terrasses, les eaux et les clochers. Ensemble, nous avons bu le jurançon d’ambre, sous les tonnelles à l’heure où la blanche chaleur d’un jour d’été accable la campagne. Nous nous sommes couchés dans les herbages frais des creux, pour discourir de choses sublimes, au chant des cigales, au bruit des sources cachées ; et nous avons couru les rues nocturnes de la ville, sous les yeux d’une bienveillante police. Ensemble, nous avons fait résonner de paradoxes les cabarets de nuit, et tandis qu’un quatuor espagnol bruissait au fond du corridor, de toutes ses habanères, des filles grises de nous voir boire, agitaient, comme une mule ses clochettes, leur âcre voix et leur rire aigu ; ensemble encore, après un trop long baccarat et du balcon de l’ancien casino, qui est suspendu sur un grand vide, nous avons regardé naître cette aurore improbable et bigarrée que découvrent seuls les yeux las d’une longue nuit.

Mais tout cela est loin. Vous dormez aujourd’hui dans le cimetière de Pau, sous les fleurs mûres ; et je voudrais que votre âme aussi, cette âme inquiète de goûter, et avide de savoir, ait trouvé de l’autre côté de la vie un repos qu’elle n’a jamais éprouvé sous le ciel.

 

30 octobre 2008

"Toulet le rescapé"

Jérôme Leroy, dans Valeurs Actuelles du jeudi 30 octobre fait le portrait de Paul-Jean Toulet en rescapé de L’oubli et évoque Prends garde à la douceur des choses

Il déplore ”la reconnaissance tardive d’un de nos meilleurs poètes” et loue cette biographie dont ”la prose racée” va à l’essentiel:

Les fervents de Toulet retrouveront ici intactes leurs mythologies familières, celles du poète qui écrivait dans Lettres à soi-même cette célèbre apostrophe: Ce que j’ai aimé le plus au monde, ne pensez-vous pas que ce soit les femmes, l’alcool et les paysages?

Tout un programme, que le chantre des jeunes filles et du jurançon suivit à la lettre, pour le meilleur et pour le pire. Enfin, grâces soient rendues à Jérôme Leroy, qui cite pour finir un des plus beaux quatrains de Toulet:


C’est à voix basse qu’on enchante
Sous la cendre d’hiver
Ce coeur, pareil au feu couvert,
Qui se consume et chante. 


Jérôme Leroy est l’auteur de nombreux romans dont Comme un fauteuil Voltaire dans une bibliothèque en ruine (Mille et une nuits, 2007). 

Et en prime une interview de Jérôme Leroy par Michel Field. On y apprend que les plaisirs de la chair, le vin et la littérature rendent nos existences vivables. Voilà une conclusion que n’aurait pas désavouée Paul-Jean Toulet.  

Michel Field / Jérôme Leroy : La Minute prescrite pour l’assaut

17 octobre 2008

Les moustaches de Moréas

Avec son monocle et ses moustaches trop noires, Jean Moréas (1856-1910) était un personnage. C’était aussi un grand poète. Tandis que l’automne gagne du terrain et que l’argent n’en finit pas de mener le monde, on ne lit pas sans réconfort ces vers pleins de mesure empreints de stoïcisme:

Ne dites pas: la vie est un joyeux festin;
Ou c’est d’un esprit sot ou c’est d’une âme basse. 
Surtout ne dites point: elle est malheur sans fin;
C’est d’un mauvais courage et qui trop tôt se lasse. 

Riez comme au printemps s’agitent les rameaux,
Pleurez comme la bise ou le flot sur la grève,
Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux;
Et dites: c’est beaucoup et c’est l’ombre d’un rêve.
 

Erudit, assez misérable, - il eut tôt fait de dilapider son héritage - l’auteur de ces vers fut une des gloires de son temps. A cette époque, les poètes étaient encore des princes. Le 18 septembre 1886, Moréas frappe un grand coup en publiant dans Le Figaro le retentissant Manifeste du symbolisme. Il veut rimer sans raison, laisser le champ libre aux mots rares et aux rêves, bref en finir avec le romantisme et libérer les lettres du naturalisme qu’incarne Emile Zola. Le vrai nom de Moréas est Jean Papadiamantopoulos. Né à Athènes, il fut élevé dans la culture française. Il s’installe en France dès 1876. Bientôt lassé des brumes symbolistes qui ont gagné les lettres et les arts, il fonde l’Ecole romane en 1891. Inspirée par la civilisation gréco-latine, elle veut renouer avec les valeurs classiques et la clarté. Moréas poursuit ce chemin qui trouve avec Les Stances sa plus parfaite illustration: 

Calliope, Erato, filles de Jupiter,
Je vous invoque ici sur la harpe sonore;
Je le faisais enfant, et bientôt mon hiver
Passera mon automne et mon printemps encore.

Quelle bizarre Parque au coeur capricieux

Veut que le sort me flatte au moment qu’il me brave?
Les maux les plus ingrats me sont présents des dieux,
Je trouve dans ma cendre un goût de miel suave. 

Mais le classicisme n’exclut pas pour autant la mélancolie, qui taraude le fils de la Grèce exilé sous les ombrages de Montrouge:

Que je suis las de toi, Paris, et de l’automne!
Que je languis souvent
De voir le champ qui ploie et la mer qui moutonne
Au souffle d’un bon vent!

Mais quel philtre jamais, Paris, de quelle sorte, 
Me vaudra ta rancoeur?
Ô novembre, tu sais que c’est ta feuille morte
Qui parfume mon coeur. 

Au soir de sa vie, Moréas était revenu des écoles. Dans le discours qu’il prononça à l’enterrement du poète au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, le 2 avril 1910, Maurice Barrès se souvient des propos que lui tint Moréas quelques jours avant sa mort: “Il n’y a pas de classiques et de romantiques… C’est des bêtises… Je regrette de n’être pas mieux portant pour t’expliquer.” La beauté n’a pas d’école. 
Paul-Jean Toulet, pour en revenir à lui, a beaucoup lu et beaucoup aimé Jean Moréas. Ces deux noctambules, qui puisèrent tous deux leur inspiration dans la culture gréco-latine et la littérature classique, professant une aversion très maurrassienne pour le romantisme, se connurent et s’apprécièrent. Ils fréquentaient le restaurant de la Côte d’or, avec son escalier en colimaçon, où venaient aussi Curnonsky et Jean de Tinan. Ils échouaient parfois au petit matin dans les mêmes cabarets des Halles, établissements peu reluisants qu’évoque un poème de Toulet:

Si ta grande, ombre ô Moréas,
Revient encore aux cabarets des Halles
Parmi les filles de trois balles
Et leurs gitons complets à l’as,
Puissé-je au soir d’un beau Dimanche,
Près de l’homme à la souris blanche,
A l’Ange ou dans l’affreux Caveau,
Entendre encor ta voix cuivrée
Telle, de sagesse enivrée,
Une cigale, au renouveau

Pour Toulet, Moréas faisait figure de poète providentiel. Après les outrances symbolistes et les fanges du naturalisme, il incarnait à ses yeux le retour à la tradition, un idéal d’équilibre hérité de l’Antiquité et de l’âge classique. La cigale qui chante dans le dernier vers évoque le renouveau des Humanités et la poésie qui se ressource au soleil de la mer Egée. Quant à l’homme à la souris blanche, il s’agit d’une allusion à un curieux personnage que croisait parfois Moréas au cours de ses équipées nocturnes. Comme le rappelle Jacques Dyssord dans L’aventure de Paul-Jean Toulet gentilhomme de lettres (Grasset, Paris, 1928) Plus communément appelé l’homme au rat, il venait au Café des Deux Maillets, modeste bistro des Halles, avec un rat apprivoisé perché sur son épaule. Moréas, “après avoir erré toute la nuit, venait quelquefois s’asseoir auprès du bonhomme. Ils lièrent conversation, un matin, et de fil en aiguille finirent par jouer aux dominos ensemble. Mais un jour, son compagnon ayant un peu trop gesticulé, le rat tomba dans le bock de Moréas. De ce jour, Moréas ne fréquenta plus les Deux Maillets: - cet homme au rat, expliquait-il, me dégoûte.” De quoi hérisser les célèbres moustaches de Moréas. Mais écoutons un dernière fois son chant singulier, voilé de nostalgie: 

Les branches en arceaux quand le printemps va naître,
Les ronces sur le mur, le pâturage herbeux,
Les sentiers de mulet, et cet homme champêtre
Qui pour fendre le sol, guide un couple de boeufs, 

La nuit sur la jetée où le phare s’allume,
Et l’horizon des flots lorsque le jour paraît;-
Qu’importe! je respire, ô ville, dans ta brume, 
La montagne et les champs, la mer et la forêt

13 octobre 2008

Métro aime Toulet

Le journal Métro aime Paul-Jean Toulet et raconte Les amours d’un poète. La journaliste J. Lesueur recommande donc la lecture de Prends garde à la douceur des choses - Paul-Jean Toulet, une vie en morceaux. Nous la remercions. Espérons que vous aussi vous aimerez la plume de Frédéric. L’article est en page 24.

Pour ceux qui ne peuvent pas télécharger le journal avec le lien ci-dessus, voici une copie de l’article

3 octobre 2008

L'écrivain vert et les Messageries Maritimes

Dans Le Figaro Magazine du samedi 4 octobre, Charles Dantzig, auteur du fameux Dictionnaire égoïste de la littérature française paru en 2005, revient sur l’admiration qu’il voue depuis toujours à Paul-Jean Toulet.
Si vous voulez savoir pourquoi Toulet est un un écrivain vert et connaître toutes les raison de dévorer Prends garde à la douceur des choses, “délicat essai biographique “, cliquez vite sur ce lien pour lire l’article de Charles Dantzig.

Son dictionnaire, moins égoïste qu’il ne le proclame, nous fait partager ses engouements et ses colères, à mille lieues des clichés et des admirations obligatoires. Dantzig pourfend Claudel et le roman policier. Il aime l’iconoclaste Levet (1874-1906), chantre désinvolte des Messageries Maritimes mort à trente-deux ans et passé à la postérité pour un très mince recueil de poèmes: Cartes postales. Je ne résiste pas au plaisir de relire Outwards:

L’Armand-Béhic (des Messageries Maritimes)
File quatorze noeuds sur l’Océan Indien…
Le soleil se couche en des confitures de crimes,
Dans cette mer plate comme avec la main.

- Miss Roseway, qui se rend à Adelaïde,
Vers le Sweet Home au fiancé australien,
Miss Roseway, hélas, n’a cure de mon spleen;
Sa lorgnette sur les Laquedives, au loin…

- Je vais me préparer - sans entrain! - pour la fête
De ce soir: sur le pont, lampions, danses, romances
(Je dois accompagner miss Roseway qui quête

- Fort gentiment - pour les familles des marins
Naufragés!) Oh, qu’en une valse lente, ses reins
A mon bras droit, je l’entraine sans violence

Dans un naufrage où Dieu reconnaîtrait les siens…

Dantzig, qui décidément a bon goût, aime aussi le discret Frédéric Berthet, récemment disparu.
Ce dictionnaire nous instruit et nous amuse. La pesanteur et la bêtise n’y sont pas à la fête. Bien sûr Paul-Jean Toulet, qui monta plusieurs fois sur le pont des Messageries Maritimes, y a la part belle: “Tout le monde sait quel grand poète est Toulet, maniant la langue avec autant d’art, et plus de souplesse, que Mallarmé.” Et pour illustrer son propos, Dantzig cite des vers superbes, que nous serions coupables de ne pas citer à notre tour pour finir en beauté:


Nous bûmes tout le jour, une autre - et, le suivant,
Dans l’ombre un luth chanta qui disait que l’on m’aime.
Hélas, vous varierez, ô Badoure. Moi-même
Ne suis-je las d’aimer? Poussière, et toi du vent?



Pour ceux qui ont raté la version imprimée de l’article. Elle est disponible ici.

11 septembre 2008

“Le cercle du poète disparu”

Le Figaro Littéraire, au travers de la plume de Sébastien Lapaque, publie ce jour un article consacré à Paul-Jean Toulet : Le cercle du poète disparu.
Il souligne le caractère oublié du poète malgré des supporters de renom et apprécie le ton du livre Prends garde à la douceur des choses qui ne perd pas son temps à commenter les commentaires. Il serre au plus près la vie et l’œuvre de son héros. La vie de l’artiste se résume sans pudeur à “sexe, drogue et mélodie française”. Le secret du lyrisme contracté et grinçant de Paul-Jean Toulet se cache dans cette existence aventureuse et cette “vie en morceaux”. L'article de S. Lapaque

Sébastien Lapaque invite donc à lire, relire et réciter le poète béarnais au travers de son œuvre et de sa biographie

Photo : © JC Marmara drsp

6 septembre 2008

“Un bon écrivain est un écrivain mort”

Le blog de la librairie Mollat à Bordeaux nous rappelle dès les premiers mots que Paul-Jean Toulet est presque oublié du public. Ses vers le sont moins. Frédéric Martinez, déjà auteur d’un livre sur un autre méconnu Maurice Denis, a eu la superbe idée de s’attaquer à ce vide illégitime et nous convie à une rencontre qui rend justice à ce styliste hors pair et voyageur de talent”.

Le billet complet est disponible en suivant ce lien

4 septembre 2008

Prends garde à la douceur des choses : enfin disponible

Toulet est un sentiment, un état d’âme. Son français est une grâce. Son œuvre est une confidence. Ceux qui la reçoivent ne l’oublient pas. Contemporain de Proust, d’Apollinaire, il fut une figure du Paris 1900, un opiomane notoire et le chef de file de l’école fantaisiste. Certains de ses poèmes comptent parmi les plus beaux de la littérature française. On ignore souvent qu’il en est l’auteur. Qui était Toulet? Quels furent ses amis, ses amours? Ce livre est une invitation au voyage. Vous le suivrez en Béarn, à Paris, sur l’île Maurice, en Algérie, en Indochine et au Japon; vous prendrez des taxautos et les paquebots des Messageries maritimes. Ce n’est pas une biographie. C’est l’histoire d’un poème !

Le livre est disponible aux éditions Tallandier, dans toutes les librairies et pour les impatients chez Amazon.fr, Alapage.com, Renaud-bray.com (Québec), Fnac.com, LaLibrairie.com et Mollat.com.

Bonne lecture :)

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